De l’Argentine au Chili à travers le désert et la montage

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Il nous reste deux jours de vélo pour rejoindre la frontière Argentine/Chili par le paso de Jama situé à 4200 m d’altitude. Ensuite nous prévoyons 3 jours pour traverser le désert d’Acatama avec ses hauts cols et ses incertitudes de climat pour le bivouac !

Nous naviguons entre salars, lagunas, vigognes et lamas. L’altiplano est leur royaume, nous ne sommes que des intrus qui leur font lever la tête et émettre des petits cris.

Après 58 km et une belle ascension à 4110 m, une légère descente à 3927 m pour notre bivouac où j’avais vu sur Google Maps quelques bâtiments. On s’aperçoit finalement  que c’est un centre d’interprétation géographique qui fait épicerie et fabrication de pain, pizza et empanadas, dommage on s’en aperçoit trop tard.

Le bivouac se fait avec leur autorisation cela nous permet de refaire le plein d’eau.

3927 m d’altitude 16 h et 38 degrés avec plein soleil. La nuit restera douce malgré l’orage qui gronde, vent acceptable et quelques gouttes.

Le lendemain nous partons à 8h avec 5 degrés. L’amplitude de température est énorme car vers 12h on prend facilement 30 degrés de plus.

Le soleil matinal met le feu 🔥sur les sommets 

Dans la journée les nuages alternent facilement avec le ciel bleu.

Nous admirons les sommets enneigés jusqu’à la frontière.

Nous arrivons au poste frontière vers 14 h, longue pause café avec croissant 🥐. Nous effectuons quelques courses pour nos prochains bivouacs en ayant l’information que le poste frontière chilien se trouve à 10 km avant San Pedro de Atacama. On se dit que nous aurons consommé tous nos fruits, légumes et œufs avant le contrôle sanitaire (même les fruits secs sont interdits).

15 h il est temps de passer aux formalités car  on a prévu le bivouac vers 4300 m quelques kilomètres après le col de Jama.

On passe plus de 6 guichets au total et surprise... les douanes chiliennes sont là aussi.

La douanière nous dit d’attendre dehors pour contrôle sanitaire de toutes les sacoches. Oh là, on est mal!

Elle contrôle une voiture, pendant ce temps discrètement on camoufle l’essentiel aux fonds des sacoches. Elle s’adresse à Patrick en premier : des fruits, des œufs? Patrick montre une seule pomme, la deuxième est camouflée, la boîte contenant le pain, heureusement le fromage était caché dessus!.

Mon tour arrive, pas de question, elle regarde superficiellement. Ouf, on a tout sauvé car c’est moi qui avais les fruits, légumes, œufs et fruits secs. Elle, elle a simplement récupéré une pomme pour le goûter !

En Argentine, pas de tampon sur la passeport car tout est informatisé, au Chili tampon et un précieux sésame qu’il faudra donner à la sortie, à ne pas perdre car c’est un simple petit papier volant.

Voilà ce qui nous attend !

Encore 5 km pour atteindre le col à 4200 m qui représente la frontière géographique, on continue à grimper jusqu'à 4300 m pour installer nos tentes ⛺️ sur un belvédère histoire de s’abriter un peu.

Bivouac à 4300 m, chaudement vêtus nous n’avons pas eu froid !

Le réveil a été très agréable avec quelques dizaines de lamas et alpagas autour de nous.

La végétation du désert.


On a prévu 3 jours pour traverser ce désert sur 160 km avec strictement RIEN! Bien connu des cyclo-voyageurs pour être le désert le plus aride au monde, avec ses variations climatiques nocturnes !

On est émerveillé de la douceur des montées, des couleurs jaune, verte, rose des montagnes qui nous entourent où parfois des sommets blancs apparaissent. Sur notre gauche vue sur une chaîne de volcans.

Vigogne près d’une laguna

Au loin un salar presque asséché.
Une laguna

Les couleurs douces sont un enchantement.

Laguna avec eau salée et eau douce.

Après avoir passé un col à 4400 m, on décide de s’arrêter près de la laguna Aguas Calientes, car on a une suite de cols à 4600 et 4800 m, trop froid pour bivouaquer.

La journée a été haute en couleurs et en émotions, un désert hors du commun ! On est vraiment heureux et chanceux de pouvoir pédaler dans un tel environnement !

On profite d’une grande balade à pieds pour aller voir cette laguna avec des résurgences de sel et au loin quelques flamants roses. A notre retour le vent est très fort !

On constate que les sardines des toiles sont arrachées. On espère que le vent va s’arrêter comme d’habitude, hélas il augmente en puissance. Les sacoches à l’intérieur, je vais même jusqu’à mettre des pierres à l’intérieur de la tente. La toile se soulève, le sable est entré partout, 2 h 30 durant on essaie de tenir contre ces vents de près de 150 km/h.

Rien ne résiste et avec ça la température a énormément chuté. Sachant qu’à 20 h la nuit commence à tomber, il est 19h30, je stoppe 2 camions en solo (cabine). 
Ils acceptent de nous prendre avec nos vélos jusqu’à San Pedro de Atacama. C’est 2 h de route. 2 brésiliens qui prennent un camion neuf en Argentine pour l’amener à Lima au Pérou (8 jours avec 4700 km) et retour en avion au Brésil.

Fixation des vélos, heureusement Patrick et moi avions des sangles.

Nos deux sympathiques brésiliens qui nous ont sauvé la mise. Un grand merci à eux.

On arrive à 22h30 à San Pedro de Atacama, la recherche d’un hébergement s’avère compliquée, nous ferons 3 habitations pour les deux jours sur cette petite ville plantée au milieu du désert, aux maisons d’adobes, aux ruelles en terre battue bien poussiéreuses. On découvre un tourisme très développé autour des agences d’excursions.

Le Chili pays développé, ici se pratiquent des tarifs au niveau de la France. Une loi chilienne impose une taxe de 19% pour tout payement en peso chili, pour y échapper il faut payer en dollars américains !

En Argentine nous avons connu les difficultés de banques qui refusent les cartes étrangères, des retraits ridicules avec une commission exorbitante. Deux taux de change sont pratiqués, l’officiel et le blue euro ou dollars nettement plus avantageux ! Il se pratique dans les rues de très grandes villes seulement. J’ai fait confiance à cette pratique ! En Argentine la crise inflationniste a fait monter le taux de pauvreté à 60%.

Ruelle de San Pedro de Atacama 

La ville est cernée par les volcans 

On y a trouvé une excellente boulangerie française !

Vallée de la luna

Tout naturellement, on y va à vélo, ce sera, d’ailleurs, une excellente idée ! On va parcourir une bonne trentaine de kilomètres dans cette vallée de la lune très escarpée composée de roches, de sable et de résurgence de sel. Cette balade s’accompagne de randonnée à pieds pour aller jusqu’aux miradors !

Très belle vallée lunaire, elle porte bien son nom, et nous terminerons par un restaurant,  histoire de déguster le vin chilien.

On se régale à vélo plutôt que de parcourir cette vallée en voiture.

Vélos délestés des sacoches restées à l’auberge.

On devine un rio asséché qui a laissé des traces de sel

On termine avec un pavé de saumon au beurre, frites maison et crudités ! Bien sûr on déguste le vin blanc chilien « un sauvignon blanc » sec, fruité daté de 2022 et qui titre à 12.5 degrés.


Les couleurs des peuples andins

 

Demain, commence une autre aventure…..

Chut! Vous la découvrirez d’ici quelques jours……

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