L’altiplano et ses merveilles !

 

On repart de Potosi à vélo pour rester sur l’altiplano jusqu’à Oruro. En raison du climat, on cherche des hébergements en dur. Chaque jour apporte son lot de paysages avec un nouveau décor, son dénivelé, ses cols et ses superbes descentes !

Arrivés au terminal de bus nord de la ville cela nous permet de récupérer rapidement la route 1. Route dite nationale avec très peu de circulation mais en mauvais état.

On plonge directement dans une très belle quebrada (canyon) sur 20 km.

Au fond coule un Rio aux eaux claires, plusieurs petits ponts en pierre sont inachevés, d’ailleurs à quoi auraient-ils servis?

Nous trouvons une "cabaña" pour dormir au sec car le déluge arrive, sympa en extérieure, juste un toilette mais la douche attendra….. Mais il y a aussi des intruses, alors que je suis entrain de lire je vois une souris dodue passer sous mon lit, elle disparaît furtivement….. quelques minutes plus tard cette fois une petite me passe sous les pieds…. bon ce n’est pas une compagnie que j’aime ! On ferme notre garde manger (sacoches) ainsi que les trous du plancher.

Ce matin départ tôt nous avons deux grosses ascensions. Beaucoup de petits villages encore à cette altitude ce qui nous permet de compléter nos courses.

Ciel bleu du matin avec de jolies couleurs de dégradés de verts.

De belles descentes aussi aux virages en épingles à cheveux signalés par des pneus peints en jaune.

Avant que ses compagnons arrivent !

Joli spectacle lors de notre pause pique-nique.

Nous cherchons un toit au village de Belén Pampa, ouah pistes boueuses, défoncées, nous sommes dévisagés ! Il va sans dire que l’hébergement chez l’habitant ne sera pas possible.
 

On aperçoit un beau bâtiment neuf, c’est l’hôpital. Le médecin est seul, on demande l’hospitalité, il nous explique qu’il doit fermer vers 19h donc pas possible mais nous propose l’ancien dispensaire. Cela nous va, un bon coup de nettoyage, installation des matelas et voilà que la pluie s’installe… ouf encore à l’abri pour cette fois. Le médecin revient nous voir en début de soirée en nous demandant de ne pas sortir car on peut nous prendre pour des voleurs.

On a tout : matelas, table, chaise, et même un peu de lecture sur l'éducation alimentaire, jusqu’au préservatif… dispensaire qui était surtout destiné à l’éducation des adolescents ! On laisse plus propre et plus rangé qu’avant.

Nous reprenons la piste sur 2 km et nous devons à nouveau traverser une rivière, on gardera les pieds gelés toute la matinée avec 4 degrés. Une première ascension de col à 4310 m. On fait des vagues entre 3900/4300m tout en traversant deux réserves de faunes andines.

7h du matin bien pratique cette dame au bord de la route, il nous faut faire le plein d’eau.

L’ocre se mélange aux différents verts, qu’il soit herbeux ou minéral.

Vous vous imaginez à vélo sur cette route d’altiplano dans un décor pareil, du bonheur.

Challamayu petit village de bord de route où l’on fait notre pause café. La Bolivie n’est pas le pays du café, donc on le fait soi même !

Le camping gaz pour faire chauffer l’eau attire la curiosité des jeunes, discussion, petit cours de géographie et nous voilà en vidéo sur tiktok!. En final, ils nous proposent d’acheter nos casques et nos vélos. Sans succès !

C’est aussi jour de marché, beaucoup d’animations.

Cruce culta, gros village situé à 4100m, des détritus partout, on va d’un alojamiento à l’autre (chambre à louer) c’est le refus (?), finalement on trouve à l’autre bout du village, chambre correcte mais sanitaire inutilisable, immonde et pas d’eau au lavabo. 
On commence à rêver d’une douche, faudra encore attendre….

Samedi 23 mars, journée d’enchantement

Grande journée aujourd’hui si dame météo ainsi que le vent nous le permettent, prévu une petite centaine pour atteindre la petite ville de Challapata.

Après un passage de col à plus de 4300m, nous allons avoir un profil plutôt descendant dans une très large vallée verdoyante aux multiples points d’eau avec des milliers de lamas et moutons.

Nous sommes deux, seuls au milieu de ces immensités d’une beauté incroyable, un bonheur suspendu comme on en ressent parfois, on se laisse envahir par cette plénitude… heureux, on en mesure tout le privilège !

Car oui, aujourd’hui nous appartient ! Tous les boliviens sont « confinés » pour cause de recensement, tout est fermé commerces, hébergements, sites et aucun transport ne fonctionne. Voilà la raison qui rend cette journée inoubliable ! On l’a vécue très forte émotionnellement parlant.

Le lama, animal domestiqué, était à l’origine destiné au portage. Devant la désertification de certaines régions, le gouvernement a incité les gens à intensifier l’élevage des lamas pour exportation de sa laine et sa viande, depuis certaines personnes reviennent à l’élevage.

Nous arrivons dans un village où l’on nous offre un api (boisson chaude typique des Andes région Oruro et La Paz) à base de maïs violet,  cannelle, clou de girofle et zeste d’orange, accompagné d’un buñuelos (beignet).
 

Ici nous rencontrons "3 recenseurs" qui nous questionnent et veulent nous faire remplir des documents mais finalement nous demandent de le faire à destination.

Nous arrivons à Challapata ville aux rues désertes, pas de vie, tous les rideaux de fer sont baissés (ça ressemble à la période Covid) on éprouve un certain malaise et là d’un coup on réalise que l’hébergement indiqué sur Maps.me est sûrement fermé lui aussi. Arrivés à destination on tambourine sur la porte en tôle (ici c'est la façon d'avertir), et là une tête apparaît ! D'un coup l'angoisse tombe. La douche est enfin la bienvenue 🙏 !

Route du quinoa, de l’avoine et la luzerne 

Après cette belle journée, nous restons sur l’altiplano sur une route droite, plate où le vent se joue de nous. De face, de droite et aussi de dos, là on apprécie !

L’habitat soit en adobe comme ici ou en briques brutes.

Scintillements sur le Rio 

L’altitude est aussi propice aux champs d’avoine. Ces aimables travailleurs se prêtent au jeu de la photo.

Les cultures de quinoa sont nombreuses dommage que cette céréale ne figure pas dans le menu bolivien.

Ici champs de luzerne parfois fauchés avec une débroussailleuse.

Le lac Poopo que nous avons longé sur une longue distance, en partie asséché par le détournement d’un Rio important qui l’alimentait. Ce dernier sert hélas à l’exploitation des mines. Le lac très poissonneux a vu l’arrêt de la pêche.

C’est dimanche après-midi, on profite de la musique autour d’une bière 🍺 (il y avait longtemps, car déconseillé en altitude).

Oruro ville minière, dont le casque symbole à un rond-point, 300 000 habitants. L’entrée à vélo a été plutôt facile malgré la conduite serrée des automobilistes et des bus qui aiment nous envelopper d’un nuage noir.

La ville a un fort taux de population indigène.

Le chapeau melon est très présent, les jupes s’arrondissent comme des robes de poupée grâce aux cerceaux.

Et les tresses se terminent toujours par quelques ornements.

Mercado Max Fernandez

Marché de gros et surtout de plein air où l’on trouve de tout en énormes quantités légumes, fruits, plantes aromatiques et poissons. Belle ambiance de gens qui s’affairent, transportant de gros sacs.

Impressionnant de grosseur, entre 40 à 50 cm de diamètre. Heureusement ces citrouilles sont vendues en tranche.

Madame s’active à la découpe du poisson congelé.

Et pour la convivialité on y mange aussi.

Oruro est essentiellement connu pour son carnaval (Unesco depuis 2001). C’est l’occasion d’un important pèlerinage vers l’ascension de la Vergen del Socavòn (vierge Marie) protectrice des mineurs.

Une belle ascension jusqu’à 3900m. Installée sur le Cerro Santa Barbara, elle domine la ville du haut de ses 45 m.

Dans les nuages et la lumière du soleil.
 

 

On accède au socle où repose la Vierge, espace dédié au Carnaval et ses multiples masques.

Oruro jusqu’à La Paz, 230 km d’altiplano entre 3700m et 4100 m.

On est toujours sur la route 1 qui devient autoroute avec 2 fois 2 voies et une large bande d’arrêt d’urgence où nous roulons.

L’état déplorable de l’autoroute ! On rencontre parfois des voitures en face de nous tout comme un troupeau de vaches qui traverse.

Hauts plateaux humides avec beaucoup de vie, l’habitat est très éparpillé, petit et souvent non terminé, mais ici les gens vivent en extérieur.

Quelques mines, mais surtout l’élevage de vaches, moutons, porcs. Parcelles de cultures toujours du quinoa, fèves, carottes, orge, maïs.

On garde les montagnes à droite et à gauche.

L’orge
Les fèves

Nombreux sont les petits marchés bord de route où l’on prend plaisir à flâner !

Taloma, village de quelques maisons où des drapeaux français flottent. Intrigués on entre, on découvre une école financée par la république française. Un homme nous explique qu’on ne peut pas la visiter, l’école reprend tard dans l’après-midi.
 

Hôtel sympa, le patron apprenant notre nationalité bascule sa chaîne télé sur Aznavour, Halliday, Ferrat, on apprécie l’accueil ! Et y a une douche !

Rencontre avec deux cyclotes boliviennes. Moi pas en jaune, car j’ai perdu mon gilet lors d’une super descente à près de 70 km/h. Ce dernier était juste posé à l’arrière.

Vendredi Saint (jour férié)

C’est la fiesta partout dans les petits villages, mais très loin du domaine religieux (?)

Préparation de tournois de football ! Avec restauration et musique. Nous y sommes très bien accueillis. Peut-être pas souriants mais très curieux de ce que l’on fait ! On trinque au coca cola, on refuse poliment les feuilles de coca que tous veulent nous offrir.

On y déguste un fameux tamales chaud (farine de maïs avec œuf parfumé à l’anis cuit à la vapeur dans une feuille de maïs).

El Alto (sud de La Paz)

C’est la fiesta sur quelques kilomètres, on se fait alpaguer pour la dégustation de porc grillé ou frit, on n'y résiste pas!

Ici on propose de fêter la Pachamama, petit alcool blanc doucereux, on en verse un peu sur le sol en hommage de la terre ensuite on boit le reste, le bol passe de bouche en bouche (le Covid est derrière nous et l'alcool désinfecte).

On goûte le porc grillé accompagné de pommes de terre et maïs. Les quantités sont énormes !

On a gardé une petite vingtaine de kilomètres pour entrer dans la capitale : on en connait les difficultés avec sa circulation, ses rues étroites et raides. Bonne idée !

On quitte El Alto avec une piste cyclable qui sert de dépôt, ensuite on garde l’ancienne route qui longe l’autoroute, elle est littéralement pourrie mais nous sommes en sécurité ! Du haut des 4100 m (aéroport) nous apercevons en contrebas La Paz avec son téléphérique 🚠 et ses maisons en briques rouges.

Impressionnant. On entreprend la descente sur rue étroite avec du 20% et nombreux virages en épingles à cheveux. C’est vertigineux ! Heureusement peu de véhicules et pour cause il y a eu un effondrement de terrain qui coupe la route.

On passera quand même pour rattraper une piste.

Vue sur La Paz et son téléphérique qui monte sur El Alto.

La Paz c’est tout en bas !

Ce qui est certain c’est que l’on ne sort pas de la ville à vélo, impossible !

Aucune fête religieuse alors que nous sommes en semaine "sainte", surprenant quand l’année dernière au Pérou j’ai vécu une semaine de dingue.

Le voyage va continuer…… trek, lac Titicaca, etc…..

Bonnes Pâques à tous même si la Touraine a les pieds dans l’eau.

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